8.3./ 750-900 (Abbassides). Sciences et techniques en transferts : Pré-méreuporie

Sources : Stiinta s-a nascut in Occident?Traducere din limba franceză de Victor Untilă,Iasi, Roumanie, 2019 : Jacques Demorgon, Etienne Klein 

a./ De 750 à 900, l’Islam voit de grands États se constituer en son sein. Cependant, cette division politique reste quand même instable. Pour diverses raisons : troubles internes en Espagne et au Maroc ; indépendance perdue en Égypte. Le seul État stable de la région est celui des Aghlabides de Tunisie, capitale Kairouan. Il se maintient de 800 à 909. 

b./ La côte nord-ouest de la Méditerranée et ses îles sont conquises d’un côté par les Hispano- musulmans, de l’autre par les Aghlabides qui occupent le sud de l’Italie, pillant même Rome à deux reprises à la fin du neuvième siècle. Ils soumettent la Papauté à tribut. 

c./ Une part de ces conquêtes est ensuite perdue mais la Méditerra- née reste un lac musulman. Seules l’Adriatique et la Mer Egée sont encore gardées par la flotte byzantine. À ces aléas militaires s’ajoutent de continuelles attaques de corsaires. La situation d’ensemble est défavorable au commerce. 

d./ Il n’en va pas de même à l’Est. En particulier, en Extrême Orient où le commerce connait un grand essor. Chaliand et Rageau (2012 : 92) parlent d’une première mondialisation : « le monde musulman établit et contrôle un marché mondial – terrestre (routes de la soie) et maritime – très actif à l’échelle de l’Asie et d’une partie de l’Afrique. L’Océan indien y joue un rôle bien plus important que la Méditerranée ». C’est l’époque de « Sindbad le marin » et de l’épopée au cours de laquelle les marchands arabes prennent le commerce entre le Golfe Persique et l’Inde et nouent de fortes relations commerciales avec la Chine. 

e./ A cette occasion, Cosandey (2007 : 326-329) recense nombre de reprises de techniques déjà inventées dans les pays conquis. Les Arabo- musulmans empruntent aux Indiens : la voile triangulaire, l’acier, la mousseline, le citronnier, l’oranger. Aux Chinois : le gouvernail d’étambot, les céramiques, dont la porcelaine. Ou, encore, la xylographie, le papier de lin et de soie. Ils inventent même le papier de coton, puis de chiffon. 

f./ Ils « s’inspirent aussi des Grecs… Le seul Traité de technologie de l’époque – qui nous soit parvenu – présente une centaine de machines dont 25 étaient déjà présentées par Héron d’Alexandrie, ou Philon de Byzance. Les Arabes reprennent aussi « le moulin à vent aux Iraniens et s’en servent pour moudre les céréales, monter l’eau des puits et broyer la canne à sucre ». 

g./ Cosandey ajoute qu’en médecine, ils « s’inspirent de l’université hôpital perse de Gondeshapour où, de 531 à 579, médecins persans, hin- dous, grecs, juifs et chrétiens ont ensemble exercé dans un remarquable esprit de tolérance ». Conquise par les Arabes en 638, Gondeshapour se maintient jusqu’au IX siècle et sert de modèle aux hôpitaux édifiés par les souverains musulmans. 

h./ Du côté des sciences, Cosandey ( 2007 : 325-326) rappelle que « des traités grecs et hindous de mathématiques, d’astronomie et de médecine sont traduits ». Al-Khawarizmi expose la numération de position décimale de l’Inde, vulgarise l’algèbre indienne et publie la première table (arabe) de sinus. « Al-Battani (870- 929) ajoute aux fonctions sinus et cosinus originaires de l’Inde, les fonctions de tangente, cotangente, sécante et cosécante ». 

i./ Les deux mathématiciens présentent, analysent, commentent les astronomies grecque et hindoue. De même, en chimie, Jabir reprend « les résultats de la période grecque tardive. » 

j./ Toutefois, le problème de cette période de gestation est qu’avec un décollage économique, on garde une division politique plutôt insta- ble. Dans ces conditions, ce n’est qu’une pré-méreuporie ; la continuité manque aux chercheurs et aux savants pour aller plus loin. 

k./ Quand les Princes – comme Haround al-Rachid (786-809), le héros des mille et une nuits – s’intéressent directement aux savants, ouvrent même des « maisons de la sagesse avec bibliothèques » pour les accueillir, tout dépend de leur bon vouloir. 

Chercheurs et savants entretenus par les pouvoirs « peuvent à tout moment tomber en disgrâce et se voir congédiés ». Ainsi, Al-Kindi, dépouillé de sa fortune et de sa bibliothèque personnelle, meurt seul et abandonné en 849. 

l./ Les changements de règne sont dangereux : « à la mort du Calife Al Mamoun en 833, tous les travaux astronomiques commandités par lui sont interrompus et jamais repris. Dans ces conditions, les avancées scientifiques et techniques ont du mal à se poursuivre et a fortiori à se renouveler. » 

m./ Une fois de plus, le même constat : « l’État universel », directe- ment ou indirectement, est défavorable aux progrès scientifiques et techniques. 

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