TODOROV de 1965 à 2018

Todorov de 1965 à 2018, 53 ans, 53 livres, 4 périodes 

I./ 1965-1981, Dix-sept ans, Onze Livres : sciences de la littérature 1 et 2 

> Littérature 1./ des œuvres structurées qui d’elles-mêmes disent : Formalisme russe et structuralisme français ; sémiotique poétique, exemples : œuvres et genres 

1./ Théorie de la Littérature. Textes des formalistes russes, Seuil, 1965

2 ./ Littérature et signification, Larousse, 1967

3./ Grammaire du Décaméron, Mouton, 1969

4./ Introduction à la littérature fantastique. Seuil, 1970

5./ Poétique de la prose, Seuil, 1971

6./ Qu’est-ce que le structuralisme ? Poétique ? Seuil, 1977.

> Littérature 2./ Signification, symbolisme, interprétation, dialogisme. Sciences du langage 

7./ Théories du symbole, Seuil, 1977

8./ Symbolisme et interprétation, Seuil, 1978

9./ Les Genres du Discours, Seuil, 1978

10./ Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage, avec Ducrot, au Seuil, 1979

11./ Mikhaïl Bakhtine, le principe dialogique, Seuil, 1981

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II./ 1982-1993, 11 ans, neuf livres : La décennie d’ouverture à l’histoire globale et à  la profondeur du destinal (in)humain : De l’histoire coloniale à celle du 20e siècle qui s’achève. Les uns et les autres : de quelle façon ? 

> Découverte de l’histoire coloniale de l’Amérique

12./ La conquête de l’Amérique, -la question de l’autre, Seuil, 1982

13./ Récits aztèques de la conquête, avec Georges Baudot, au Seuil, 1983

> Tournant critique concernant la littérature ; problème de l’entre humains 

14./ Critique de la critique. Paris, Seuil. 1984.

15./ Frêle Bonheur : essai sur Rousseau. Hachette, 1985. 

16./ La notion de littérature et autres essais, Seuil, 1987 

> Humanité divisée et destins politiques 

17./ Nous et les autres. La réflexion française sur la diversité humaine. Seuil, 1989 

-L’universel et le relatif   : Montaigne, Lévi-Strauss

-Races : Gobineau, Renan

-Nations : Tocqueville, Michelet, Renan et Barrès, Péguy

-L’exotique : Chateaubriand, Loti, Segalen

-La modération : Montesquieu

> L’accent est mis sur l’étude des problématiques extrêmes de l’interhumains-mondes

18./ Face à l’extrême, Paris, Le Seuil, 1991, 347 p. 

19./ Les Morales de l’histoire, Grasset. 1991.

20./ Au nom du peuple, Éditions de l’Aube, 1992

III./ 1994-2004. 11 ans : 13 livres : Vie quotidienne, vie commune. Tragédies politiques, interfaces. Défis éthiques, l’(in)humain, le mal et le bien. L’appel à la peinture

> Vie quotidienne, vie commune, tragédies, remèdes et vies politiques 

21./ Éloge du quotidien : essai sur la peinture hollandaise du XVIIe siècle, 1994

22./ Une tragédie française, été 1944 : scènes de guerre civile Seuil, 1994

23./ La vie commune : essai d’anthropologie générale, Seuil 1995

24./ L’homme dépaysé, Seuil. 1996.

25./ Benjamin Constant : la passion démocratique. Hachette, 1997.

26./ Le Jardin imparfait : la pensée humaniste en France. Grasset, 1998.

> L’individu, la personne, l’(in)humain, le mal et le bien, le désordre mondial en cours

27./ La Fragilité du bien : le sauvetage des juifs bulgares, Dimitar Pechev, LGLM,1999.

28./ Mémoire du Mal, tentation du Bien Enquête sur le siècle. R. Laffont, 2000 

29./ Montaigne ou la découverte de l’individu. La Renaissance du livre, 2001. 

30./ Devoirs et délices : une vie de passeur. Entretiens avec Catherine Poitevin, Seuil, 2002

31./Le Nouveau Désordre mondial : réflexions d’un Européen, Paris, R. Laffont, 2003.

32./ Les abus de la mémoire, Arléa, 2004 (Jorge Semprun, Jacques Le Goff, Jean Amery)

33./ Éloge de l’individu. Essai sur la peinture flamande de la Renaissance. Seuil, 2004

> Peinture : et ses deux premiers livres 21 et 33) en début et fin de décennie (1994-2004)

Il y en aura six ensuite soit huit au total. Théâtre et musique seront présents à travers les auteurs aux prises avec leur situation géopolitique géo-historique. 

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IV./ 2005-2018, 14 ans, 20 livres : Personnes et sociétés. L’acteur humain qui se connaît « fait-valeur » résiste. Procès du totalitaire. Histoire-Monde et actualité

> Personnes et sociétés. L’acteur humain qui se connaît « fait-valeur » résiste 

34./ Marina Tsvetaeva. Vivre Dans Le Feu,  2005.35./ La naissance de l’individu dans l’art avec B. Foucroulle, R. Legros, Grasset 2005.

36./ L’Esprit des Lumières, R. Laffont, 2006

37./ Les Aventuriers de l’absolu, R. Laffont, 2006 (O. Wilde, R. M. Rilke, M. Tsvetaeva)

38./ La Littérature en péril. Flammarion, 2007(évoque son passé personnel et intellectuel)

39./ La peur des barbares. Au-delà du choc des civilisations, R. Laffont, 2008 

40./ L’art ou la vie ! : le cas Rembrandt, Biro éditeur, 2008.

41./ Un humanismo bien temperado (Ger Groot) Madrid, Ediciones Sequitur, 2008.

> Procès du totalitaire. Histoire-Monde et actualité. L’appel à la peinture

42./ L’Expérience totalitaire : la signature humaine 1./ Seuil, 2009.

(Raymond Aron, Mikael Bakhtine, Roman Jakobson, Primo Levi, Germaine Tillion)

43./ Vivre seuls, ensemble. La signature humaine 2, essais 1983-2008, Seuil, 2009. 

(Edward Saïd, La Rochefoucauld, Rousseau, Mozart, Constant,  Stendhal, Beckett)

44./ Le siècle des totalitarismes. Robert Laffont, 2010

45./ Goya à l’ombre des Lumières, Flammarion, 2011

46./ Georges Jeanclos, Galerie Capazza et Biro & Cohen éditeurs, 2011

47./ Germaine Tillion, la pensée en action (Ed. Textuel, 2011)

48./ Les ennemis intimes de la démocratie. Robert Laffont/Versilio, 2012.

49./ La peinture des Lumières : de Watteau à Goya, 2014

50./ Insoumis. Robert Laffont, 2015 : Huit acteurs-auteurs de l’histoire : Hillesum Étty, Malcom X, Mandela, Pasternak, Shulman, Snowden, Solienitsyne, Tillion. 

51./ Le Triomphe de l’artiste (2017) La révolution et les artistes. Russie : 1917-1941, Flammarion, quatorze auteurs-créateurs par ordre thématique

-De l’amour à la mort : Babel Isaac, Blok, Bounine Ivan, Boulgakov, Grosman Vassili, Lejnev Abram, Maïakovski, Mandelstam, Meyerhold, Pasternak, Pilniak Boris, Tsvetaïeva.

-Kasimir Malevitch : Révolution, utopie, avant-garde, art, désenchantement

52./ Avec Boris Cyrulnik, La tentation du Bien est beaucoup plus dangereuse que celle du Mal, éditions de l’Aube, 2017.

53./ Lire et vivre. Préf. A. Comte-Sponville, R. Laffont, Versilio, 2018.

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La « critique dialogique » foisonnante de Todorov en 53 livres

Plus d’une soixantaine d’acteurs humains créateurs invoqués 

Améry Jean, Aron Raymond, Babel Isaac, Bakhtine, Barrès, Beckett, Blok Alexandre, Boulgakov, Bounine Ivan, Chateaubriand, Chostakovitch, Constant, Eisenstein, Gobineau, Goethe, Gorki, Goya, Groot Ger, Grosman Vassili, Hillesum Étty, Jakobson, Jeanclos Georges, La Rochefoucauld, Le Goff Jacques, Lejnev Abram, Levi Primo, Lévi-Strauss, Loti, Maïakovsky, Malevitch, Malcom X, Mandela, Mandelstam, Meyerhold, Michelet, Montaigne, Montesquieu, Mozart, Pasternak Boris, Péguy, Pilniak Boris, Rembrandt, Renan, Rilke, Rousseau, Saïd Edward, Segalen, Semprun Jorge, Shulman, Snowden, Soljenitsyne, Stendhal, Tillon Germaine, Tocqueville, Tsvetaieva Marina, Watteau, Wilde Oscar, Zamiatine… 

1./ À propos du mot « invoqués » cf. Vivre seuls, ensemble. La signature humaine 2, p.12-13.

Todorov donne au livre une préface où il s’explique : « J’ai voulu pratiquer ici ce que j’appelle « la critique dialogique », une analyse qui ne se contente pas de décrire le sens du texte mais entre en débat avec son propos, postulant que nous nous trouvons tous deux – l’auteur étudié et moi – à l’intérieur d’un cadre plus général, celui d’une recherche de vérité et de justice. De cette manière, s’établit une correspondance… » Pour Todorov, il ne s’agit pas d’un ajout artificiel, il parle du « caractère nécessairement dialogique de l’existence humaine ». Au lieu comme toujours de le sous-entendre, il est bénéfique d’en manifester l’existence. D’où la suite : « La disposition des essais (rassemblés dans ce livre) suit l’ordre chronologique des auteurs avec qui j’entre en dialogue, entre le 16e et le 20e siècles ». 

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2./ La « critique dialogique » est pour Todorov un chemin vers l’interhumains-mondes.

« À travers les différences d’individus, d’époque ou de pays, je crois entrevoir un objet commun à toutes ces recherches : quels que soient les angles d’approche, les niveaux de généralité ou les parcours suivis, il s’agit toujours d’une tentative pour mieux comprendre la condition et les conduites humaines. Je ne suis pas qualifié pour identifier ce qui serait spécifiquement humain, et nous distinguerait des autres mammifères, je ne suis même pas certain que cette distinction soit nécessaire : après tout, nous appartenons bien au règne animal, ce qui nous importe sont les traits saillants des comportements humains et leur originalité n’est pas décisive. C’est la raison pour laquelle je m’attache à l’analyse de nos actes sociaux, de nos régimes politiques, de la rencontre entre cultures ; mais aussi à notre capacité d’imaginer des œuvres, du sens, des idéaux, une spiritualité, une continuité temporelle (qui inclut ce qui précède notre apparition au monde et ce qui suit notre disparition), un cosmos. (Vivre seuls, p. 13-14).

Deux contributions

1./ Philippe Ratte, en 1991, sur Les morales de l’histoire de T. Todorov

« A première vue, les camps devraient être, de par l’inhumanité qui y règne, des lieux où la capacité morale de l’individu est brisée, et où l’instinct de survie demeure seul en lice, une régression satanique en deçà même de l’état de nature. Or c’est justement dans cet état extrême de réduction méthodique à la bestialité par les tortionnaires inventeurs des camps que se démontre l’identité absolument morale de l’être humain. Passé un premier seuil où chacun ne ressent sa singularité que sous la forme primitive de la lutte pour vivre — manger, échapper à la mort, sa propre mort, et qu’importe celle des autres —, ce besoin de survivre passe bientôt tout au contraire par des attitudes d’ordre moral que Todorov analyse avec une délicatesse rare : le souci de l’autre, le respect de soi, l’activité de l’esprit, formes élémentaires, quotidiennes, imperceptibles, et pourtant décisives de la vertu en quoi pourrait se résumer l’humanité : la dignité. Ainsi, par un étrange détour, l’expérience la plus abominable de ce siècle aide-t-elle à repérer un acteur immense de l’histoire… » Disons, l’acteur humain lui-même en mesure de se reconnaître lié à tout autre dans le destinal de l’espèce ».(VINGTIÈME SIÈCLE, revue d’histoire, n°32, 10-12.1991. La Méditerranée. Affrontements et dialogues, p. 122-123). 

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2./ Hommage en 2017 de Philippe Roussin, collègue de Todorov au CNRS

« En 2012, Todorov, dans « Les Ennemis intimes de la démocratie , « fait la démonstration que, si la démocratie n’a plus d’ennemi global ni de rival planétaire depuis 1989, en revanche, nouveauté de notre temps, la démocratie secrète, désormais, les forces qui la menacent :  « ces forces sont supérieures à celles qui l’attaquent du dehors ». Il en identifie quatre : D’abord, la « démocratie par les bombes » forme de messianisme politique des démocraties contemporaines qui rappelle l’ère des guerres coloniales ; puis l’ultralibéralisme, qui refuse toute place à l’action politique et ne propose aucun idéal commun ; ensuite, l’hyper-individualisme généré par l’ultralibéralisme ; enfin le populisme, qui s’est renforcé au détriment de la démocratie,  en Europe depuis la fin de la guerre froide. » (MEDIAPART , « Tzvetan Todorov (1939-2017) : une vie de penseur européen », 17.02.2017).

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